Partager l'article ! Il était une fois le Klinche - Par-ci par-là ? - XVII: Par-ci par-là ? &n ...
L's Friends, le blog de
Lucy...
Venez découvrir mes histoires, et imprégniez-vous de mon univers sombre et
torturé
Ils étaient bien emmerdés devant ce mur qui bloquait le passage. Un mur de briques couleur brique. Pas là la minute d’avant, maintenant il était là. Et une limace les regardait de ses grosses tiges globuleuses, elle semblait même leur parler. Rampant sur une brique la limace les regardait et des sons sortaient de sa bouche mais aucun d’eux ne parvenaient jusqu’à eux. Djef donna un coup de pied contre le mur et écrasa la limace. Vlan ! « Mais t’es con pourquoi t’as fait ça ! » dit Troikatorzèr à Djef qui était un peu embêté car son pied était resté collé au mur.
Bien que déséquilibré au début il tirait sans arrêt sur son pied qui ne venait pas. Soudain son pied s’enfonça dans le mur, comme aspiré. « Argh ! Os court ! » cria Djef que Tioneb saisit aussitôt, lui-même saisi par Mardragolgabelegoldrogmare à son tour saisi par Troikatorzèr la boucle étant bouclée(1). Ça tirait de plus belle, la jambe de Djef était inexorablement aspirée sans espoir de retour, langoureusement elle l’attirait en une succion presque humide.
« Argh ! Ça me mange ! Bordel de merde ! »
« Ça te suce je crois »
« J’me bats du distinguo ! »
Dans une dernière inspiration la jambe de Djef fut totalement avalée puis ce fut tout son corps qui s’évanouit, le tout suivit de près des mains de Tioneb, son reste, Mardragolgabelegoldrogmare et Troikatorzèr, aucun n’ayant pensé à lâcher l’autre.
C’était vert ;
C’était turquoise ;
C’était lumineux ;
C’était émeraude,
Pouf ! Ils étaient sur le dos, allongés sur une surface douce et molle. De la mousse ? Du gazon fraîchement taillé(2) ? Leur dos meurtris par la chute reprenait au contact de cet agréable matière, et tel un soin elle les emplit de calme et de plénitude.
Ils tentèrent un regard, leurs yeux les brûlèrent ; quelques longues minutes furent nécessaires pour reprendre leurs esprits.
Le paradis vert, c’était cela derrière le mur.
Le Klinche aussi était là. L’espace était gigantesque, une plaine totalement vide foulée aux pieds par nos seuls amis. Mardragolgabelegol-drogmare n’avait pas repris connaissance. Les autres se regardèrent et pas une parole ne fut échangée, ils savaient. Sans perdre un instant ils déployèrent une grande nappe et on sortit du sac du klinche fromages, saucisses sèches, et pain frais. Du pinard fut débouché et les verres trinquèrent en une chanson de fins connaisseurs. Les blagues fusèrent et l’alcool aidant les bons mots et autres calembours complétèrent la soirée qui n’en finissait plus d’en finir. Le crépuscule rougi était propice au chant et au rêve. Mardragolgabelegoldrogmare, toujours dans le coltard, était silencieux et même pas réveillé par le vacarme des compères d’un soir. Et à ce propos la nuit ne tombait plus, le soleil s’était fixé derrière la ligne d’horizon.
« Il faudrait peut-être qu’on y aille ? » Demanda le Klinche soudain préoccupé.
« Mais on rêve non ? » Répondit Troikatorzèr.
« Bah je ne sais pas, vous en pensez quoi ? » Poursuivit le Klinche.
« Je crois » dit Tioneb « que si je rêve alors je suis bien content de rêver. Oh il ne serait pas mort Mardragolgabelegoldrogmare ? »
Et ils firent un cercle autour de lui, circonspects.
Respirait-il ? Respirait-il pas ?
D’où qu’ils étaient y n’y vauyaient pu bien…………………..(3)
Un instant on sentit bouger son ventre puis soudain plus rien. Une seconde passa, puis deux, puis trois, puis bon bah un certain temps, et là un ronflement de derrière les fagots sortit de la cavité buccale de Mardragolgabelegoldrogmare avec une fureur telle qu’elle les fit presque tous sursauter, même le Klinche fit un geste de recul. La bête des cavernes. Un ronflement que même ton père bourré comme un cognassier il ne fait pas autant de bouquant, sa race, la vie de ma mère. Tout cela était confus dans la tête du klinche, la vision commençait à se brouiller et il aurait bien pris un dernier verre pour la route. « Elée !? Ah tiens je l’avais oubliée celle-là ! » Dans un sourire béat il se laissa tomber en arrière dans les herbes hautes et douces de la prairie et s’abandonna aux bras cajoleurs de Morphine.
C’est l’œil monté en neige qu’ils émergèrent au petit matin. Au petit matin question de parler. Le soleil s’était définitivement installé derrière la ligne d’horizon et on pouvait voir une fumée au loin, « comme si le soleil il s’en grillait une à notre bonne fortune ! » dit Djef, un sourire d’heureuse gueule de bois vissée sur le visage. « Qui a une Spirine ? » demanda Tioneb, « Moi » répondit Troikatorzèr qui avait toujours des spirines du fait qu’il avait mal au dos. Un sale truc ce mal au dos. Et dans un grand verre d’eau ils laissèrent s’effervescer les pastilles agglomérées de poudre blanche qui pchitèrent en cœur à la faveur du liquide revigorant. « C’est quoi ça ? » Djef montrait du doigt(4) un cercle bleu qui ondulait à quelques mètres d’eux. Ils ne l’avaient tout simplement pas vue arriver. Mardragolgabele-goldrogmare dormait toujours et cette fois on voyait parfaitement son ventre bouger, il n’y avait pas de doute là-dessus et c’était évident, il n’était pas du tout mort, mais ils avaient bien tripé quant même.
Le Klinche s’approcha.
« Qu’est-ce que tu fais là ? Reviens ! » demanda Tioneb
« Elée ? »
« Mais qu’est-ce qu’y dit ? Hein ? Pourquoi il s’approche du truc ? Hein, hey ! Tu vas où? » demanda Djef
« Je dois aller chercher Elée. Je passe ! »
« Ohhh ! Mais qu’est-ce que tu en sais qu’il faut passer par-là ? » dit Tioneb
« Vous voyez quelque chose d’autre ? »
« … ? »
Et c’était vrai, à des voutes et des voutes autour d’eux de l’herbes tapissait l’horizon, douce, belle, câline, mais implacable, incommensurable, envahissante. Pas un relief à la ronde, pas une montagne, un arbre ou un buisson ; de l’herbe, parfaite pour les pique-niques, mais une fois l’heure passée ? Comme Mardragolgabelegoldrogmare ne se réveillait pas, ils décidèrent de le porter, et comme ils n’étaient pas assez forts ni assez motivés ils décidèrent d’un plan B : Tioneb et Djef encordèrent un des pieds de leur ami assoupi et commencèrent à le tirer à travers les herbes hautes ; celles-ci firent judicieusement office d’un doucereux matelas.
A la voir de près c’était plus une cascade qu’une véritable porte. Une jolie cascade cerclée d’or. Il approcha doucement son gros nez vert au plus proche de la surface. De l’eau, apparemment ce n’était que de l’eau. Le Klinche n’hésita plus et la traversa sans attendre, sans trop réfléchir non plus. La fraîcheur le toucha immédiatement. C’était juste de l’eau, il la traversait et pourtant il n’était pas oppressé, juste de l’eau, qui giclait sur son visage et lui donnait une bouffée d’énergie, ainsi qu’une bouffée d’oxygène, paradoxalement.
Il rouvrit les yeux après un bon pas dans l’eau en chute.
Ses pas s’enchaînèrent mais il lui sembla soudain faire du surplace. Sa tête tourna, le vertige fut immédiat, non, plus qu’un vertige une aspiration subite et fulgurante. Son oreille interne tourna de l’œil et son corps chuta. Des bulles sortaient de son nez, de sa bouche et il souriait bêtement.
Au-dessus de lui une forme semblait lui donner des coups. Il sentit soudain à nouveau la fraîcheur d’un jet d’eau mais froid et non plus tempéré. Il avait désormais du mal à bouger mais il ne chutait plus ni ne se sentait aspiré, il était immobile et flottait. Ses mains sur le visage il paraît ce jet perturbateur et bientôt de la lumière perça d’entre les lianes liquides. Une main au-dessus de sa tête s’apprêtait à donner un nouveau coup.
Ankylosé, dans un réflexe, apeuré, il empoigna la forme devant lui.
~~~
Troikatorzèr décida qu’ils franchiraient en ligne. D’un pas ferme bien que certains furent inquiets, ils s’approchèrent du cercle doré. C’est alors que Tioneb s’écria « Oh merde on a oublié les rats ! »
« Quoi ? Les rats, quels rats ? » questionna Troikatorzèr
« Ah oui, nos rats ! » dit Djef à son tour
« Vous pensez vraiment que c’est le moment de penser à vos rats ? » redit Troikatorzèr.
« D’après vous qui a t-il derrière cette porte ? » dit une voix derrière eux
« … ? » Tiens, il ne dormait plus lui.
« Où tu vas ? On perd du temps, on va perdre le contact avec Alecs ! » Interpella Troikatorzèr autoritairement. Mardragolgabelegoldrogmare faisait quelques pas en contournant soigneusement le cercle doré. Il semblait un tantinet dans les vapes. Semi-conscient il disparut alors de leur vue et se mit à rire bêtement, ses rires passant de part et d’autre. Djef sautait pour voir par-dessus, Troikatorzèr le regardait désolé. Tioneb fit le tour au sien(5) et vit Mardragolgabelegoldrogmare allongé sur l’herbe, il ronflait de plus belle. La porte était tout autant recouverte mais la couleur du liquide était différente, dans les tons rouilles elle semblait former en ondulant des briques un peu mouvantes.
« J’ai pas fait les grandes écoles mais je crois que c’est plutôt par-là qu’il faut qu’on va ! »
« Et pourquoi donc ? demanda Djef qui avait fait lui-même le tour et reniflait de près la rouille qui coulait à gros bouillons.
« Ça sent achtement bon. On dirait le mur. »
« Oui en effet on dirait le mur, cela voudrait-il dire que nous devons passer de ce côté et non pas de celui du klinche ? » S’interrogea Troikatorzèr.
« D’un autre côté notre ami a pris l’autre côté, et quitte à avoir des problèmes ne vaut-il mieux pas en avoir avec lui plutôt que seuls dans l’inconnu ? » reprit-il
« On sait pas plus ce qu’il y a derrière le bleu. » conclut Tioneb.
« Merci M’Rick c’était justement le point auquel je ne voulais pas arriver, vous êtes incapables d’un choix, suivre le Klinche était pratique, élancés dans l’aventure vous ne vous posiez pas de question, serait-il possible que même inconscient celui-là puisse nous créer des difficultés supplémentaires ?! Comme si on en avait pas suffisamment comme ça des emmerdes ! »
« Moi je dis la rouge, M’Rick a eu une vision et nous a montré le chemin ! »
« Que dalle, moi je dis la bleu, le Klinche est balèze et on doit pas le quitter ! »
« Personnellement mais je vois que plus personne ne me demande mon avis, je pense que nous sommes en train de perdre un temps précieux, nous ne savons pas où nous sommes, pas plus ne connaissons-nous les règles de ce plan, parce que je vous le dis mes amis, ceci est un autre plan ! » S’exclama Troikatorzèr, l’œil foufou.
« Et ?!? » Quémandèrent les deux autres. « Je vois pas bien le rapport »
« A un moment y’en a marre, c’est qui le chef ?! Alors vous prenez l’autre débile par le pied et on passe par le bleu, et si on n’arrive pas en même temps que le troll ça va mal aller ! »