Partager l'article ! Il était une fois le Klinche - L'horreur dans ce qu'elle a de plus horrible - XIX: L’horreur dans ce qu’elle a de pl ...
L's Friends, le blog de
Lucy...
Venez découvrir mes histoires, et imprégniez-vous de mon univers sombre et
torturé
Ils couraient vers le trou béant, celui même laissé par le passage du klinche quelques chapitres plus haut.
Des morceaux de bois, éclis de la porte, se mirent à bouger sur le sol.
Comme s’ils rampaient les uns vers les autres les fractions petites et grandes s’enlaçaient et s’aggloméraient. La porte déchirée se reconstituait. Ils s’en approchaient mais avant qu’ils aient pu arriver à sa hauteur elle s’était totalement recomposée. « Où croyez-vous aller bande d’intrus ! »
Ils stoppèrent leurs pas, et se retournèrent. Un homme, plutôt grand, leur faisait face. Totalement nu sous un lourd manteau en fourrure, il les regardait d’un air narquois et suffisant, les toisant de pied en cape. Son corps était tatoué, une toile argentée lui recouvrait toute la face. Ces cheveux étaient longs et dépigmentés(1), son visage était jeune. Il tenait dans ses mains de très fines chaînes en or auxquelles étaient reliées des femmes peu vêtues qui marchaient à quatre pattes à ses côtés. « Tu es un peu pitoyable dans cet accoutrement mon neveu. » dit-il en ne regardant pas Hybridus qui se dépêtrait péniblement de cet amas de corps qu’il était devenu avec ses clampins de compagnons.
« Mon neveu ?… Troikatorzèr réfléchissait « Mais, c’est, oh merde ! Il faut se barrer vite d’ici, vite !!! »
Et par ordre d’initiative parce que Troika-torzèr avait réussi son jet de commandement : Lui se mit à incanter, le Klinche prit son élan et fonça en direction de la porte, les fées étaient tellement contentes de se revoir qu’elles se faisaient des câlins en se tenant dans les bras les unes les autres. Mardragolgabelegoldrogmare ne savait pas quoi faire et passa son tour.
Quelque chose n’allait pas car Troikatorzèr avait beau se concentrer, rien ne lui venait. Pas la moindre once de magie ne semblait vouloir l’aider. En vérité les vents magiques étaient calmes et même-lui, pourtant particulièrement sensible du fait de ses rhumatismes, ne parvenait à les sentir. Le Klinche ne toucha soudain plus le sol. Il s’arrêta de courir, bien conscient de l’inutilité de mouliner même à seulement quelques centimètres du sol.
« Alors c’est toi le fameux klinche ? Mes espions m’ont parlé de toi. Il a donc cet aspect là celui qui tient tête à mon imbécile de neveu ? Tu ne me parais pourtant pas si dégourdi que ça. –il sourit à Fifine- Et puis un troll avec des fées, c’est…tonique ! Je dois avouer que tu me dépasses dans la perversion ; et je croyais être au sommet de la chaîne alimentaire. Je dois me soumettre. Une question de pervers sadique à pervers sadique, ça donne quoi au moment de l’acte ? Tu l’éclates du premier coup ou elle s’adapte à ton diamètre ? Vraiment je suis curieux de voir ça. Et tiens, si on essayait ? »
Le Klinche flottait toujours dans les airs donnant l’apparence de la légèreté. De son côté Elée fut une nouvelle fois arrachée aux bras de ses sœurs par une attraction soudaine, elles tentèrent bien de l’agripper mais sans succès, Elée vola dans la pièce de pareille manière qu’Alecs. « Mais, mais vous n’allez pas faire ça quant même, c’est, c’est, mais c’est dégueulasse ! » dit Fifine qui sentant sa colère monter se défoula sur l’immonde personnage. Toutefois et comme si on avait coupé les robinets, seules quelques gouttes sortirent de ses doigts, Fifine resta bête. Elle regarda de plus près et soudain le jet vint percuter son visage dans un choc qui la déséquilibra. Erxercexerksex rit de bon cœur. « Il faut vraiment qu’elles soient stupides ces fées ! Et toi, tu ne crois pas que tu aurais pu passer par un autre chemin au lieu de les attendre ici ? Avec toutes ces histoires qu’on raconte et tous ces princes des ténèbres qui trépassent par vanité, toi, mon propre neveu, tu tombes dans l’écueil, tu me déçois ! »
Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir prévenu. Mais rien n’y a fait.
« Je sais, que voulez-vous, avec les jeunes de maintenant faut s’attendre à tout. Un troll avec une fée, c’est bien la preuve que ça ne tourne plus rond. »
Les méchants ce n’est plus ce que c’était. C’était mieux avant, et je ne parle pas pour vous Erxercexerksex.
« Je sais bien, je ne vous en veux pas, ça doit déjà être suffisamment pénible comme ça d’écrire une histoire avec des Mauvais aussi branquignols, non, je vous admire presque, une telle abnégation au service du personnage, ça mérite d’être souligné. Bon, j’en étais où, ah oui, l’éclatage de minou ! »
Elée n’en menait pas large, non pas qu’elle ait eu peur de ce qu’elle aurait à subir, elle était prête à accepter son destin(2), mais là c’était embarrassant. Le Klinche non plus n’était pas au mieux, faire ça comme ça devant tout le monde, ce n’était vraiment pas chic. Lalée était très perturbée car il n’y avait aucune fleur à ramasser et le stress montait en elle d’autant plus qu’elle ne réussissait pas à se rafraîchir. Ses pouvoirs aussi s’étaient envolés comme par magie, ce qui pour le coup était coquasse. Heureusement que dans son sac elle avait quelques pierres de fleurs qu’une simple parole suffisait à libérer pour sentir leurs si bons parfums rafraîchissant. « Pistiljoly ! ».
Fifine se précipita vers Erxercexerksex mais Troikatorzèr la retint in extremis(3). Mardragolgabelegoldrogmare ne savait que faire, il reluisait frénétiquement son médaillon et à plusieurs centaines de « voutes » de là un type sentit l’irrépressible envie de se diriger vers la tour de la mort, Troikatorzèr tapa sur la main de Mardragolgabelegoldrogmare en lui indiquant de ne pas faire ça. Le type se sentit idiot une seconde et retourna faire ses courses.
Ils étaient désormais presque nus. Les esclaves d’Erxercexerksex les avaient déshabillés en prenant le plus grand soin à la tache, curieuses et avides qu'elles étaient de voir ce qui se cachait sous la tunique du troll. Ma foi elles ne furent pas déçues. Elée contemplait la bête avec un mélange confus de peur et de fascination. Il était vrai que la tour érigée faisait son effet mais le Klinche s’en voulait car ça avait été les mains expertes des succubes qui avaient su trouver son talon d’Achille(4). Erxercexerksex se délectait ; lui, ce grand adolescent qui venait dans ces parties reculées du château, bien loin de son trône, pour chevaucher ses esclaves préférées sans dérangement, appréciait cet épisode imprévu comme un jeu de substitution, bien agréable pour les sens. Si Pah-Rhy(5) valait bien une messe, Lance(6) valait bien une partouze, et c’était bien parti pour y aller. Son contrôle des éléments, des chaires et des vents magiques étaient total et tant qu’il restait en son fief il ne saurait connaître l’échec, sa suffisance enflait à mesure que son pouvoir l’alimentait. Il n’avait plus qu’à bouger sa main et la collision tant attendue aurait lieu. Alors qu’il avait levé la main il se reprit soudain. Il hoqueta et se pencha en avant, comme pour tousser ou dégager sa gorge, gêné par quelque chose. Il agitait la tête, ouvrait et fermait les yeux qu’il avait un peu rouge désormais. Il soufflait en direction de ses narines, se touchait le nez et ventila soudain des poumons et du ventre, sans que rien ne parvienne à en sortir. Un râle sifflotait entre ses dents. Prenant une grande inspiration il éternua bruyamment.
Ses yeux et son nez coulaient sans qu’il ne puisse rien y faire, il avait du mal à respirer. « Bais butin, z’est guoi za ? Bordel de berde ! -il éternuait et regardait à tour de rôle chacun des présents, passablement interloqués et peu sûrs de ce qu’ils devaient en comprendre- bais, bais, bais elle vait guoi la bedide gonne là avec zes vleurs !!!? Butin bais vaites guelgue jose vous là au lieu de resder blantées gomme des dubercules !!! » Les femmes accoururent vers Lalée qui serra ses fleurs contre elle pour ne pas qu’elles les lui prennent. Entraînées par leurs chaînes les gourdasses furent projetées en arrière, retenues par l’arceau auquel ce gros malin d’Erxercexerksex avait pensé bon de les attacher. Complètement dans les vapes elles ne bougeaient plus du tout(7). Lalée qui avait tout compris pour une fois s’approcha avec son bouquet de tulipes bien en vue. Erxercexerksex était paralysé, plus aucun mouvement ne parvenait à s’extraire de son corps et dans un flageolement global de ses deux genoux il glissa le long de l’autel –il y avait un autel, je ne vous l’avais pas dit ? Bah, et ils étaient allongés sur quoi Alecs et Elée, à même le sol ? Quant même…- bref, vaincu(8). « C’est trop ballot ça, allergique aux fleurs, moi j’aimerais pas ça être allergique aux fleurs, t’aimes pas ça hein ? Tiens respire un peu ça ducon. Ah tu ne savais pas à qui tu avais à faire, et bien maintenant tu sais ! »
Allergique aux fleurs, c’était vraiment un comble alors !
De simples fleurs ! Suffisantes pour défaire les mailles tissées par le seigneur noir le plus puissant depuis Raklur l’Épais(9) ?! Erxercexerksex s’était bien caché de révéler un tel secret de faiblesse. Troikatorzèr comprenait mieux maintenant pourquoi Erxercexerksex ne sortait jamais de son château pour mener lui-même la bataille. Ce qui avait contribué à forger sa réputation d’obscur souverain venait aujourd’hui le perdre car maintenant que son point faible était connu il ne serait pas difficile à ses opposants, les gardiens du monde libre, d’en tirer profit. La fleur était le secret, la clef qui allait ouvrir les portes de la paix(10) et pour l’état qui basait ses fondations sur le pouvoir inaltérable de son dirigeant l’avenir était compté. La chute de la cité du glandoire était désormais annoncée, on pouvait s’en apercevoir car on ne mettait déjà plus de majuscules à « cité du glandoire », pour sûr c’était un signe.
« Oh les copains –reprit Lalée pas peu fière de son effet, celle qu’on avait singé tout ce temps qu’elle cueillait de stupides fleurs dans la forêt se sentit soudain transportée- Il faut qu’on trouve un nom pour une troupe de mercenaires, c’est bien ça que nous sommes désormais, non ? Qu’est-ce que vous pensez de la troupe des fées de la forêt qui sont copines avec le Klinche et qui aiment bien les fleurs avec leurs fidèles alliés les joyeux loups-phoques ! »
« C’est complètement nul » dit Troikatorzèr
« Faudrait trouver plus simple ma chérie » dit Fifine
« Ou plus court » dit Mardragolgabelegoldrogmare à son tour(11).
« Moi de toutes façons je veux pas faire de troupe de mercenaires ! » Dit le Klinche.
Ce fut dans un éclat de rire traçant un trait sur leurs péripéties que nos aventuriers se rassemblèrent tout autour du klinche, ce bougon qu’ils aimaient bien tous quant même. C’est là que la porte du fond s’ouvrit et Djef et Tioneb accoururent, et les embrassèrent à leur tour, les autres eurent un geste de rejet, peu désireux d’être touchés par des mains qui avaient traînées ils ne savaient où.
Ils comprirent que tout était fini et ils en étaient heureux. Ils se congratulèrent toutefois en cœur, se tapant dans le dos en bons compagnons qu’ils étaient. Et tous ils se firent des bisous, dans la plus pure tradition fée.
5 - Pah-Rhy, capitale du Miniland, bien connue des modélistes, spécialement des adeptes des bateaux en bouteille. Lieu de pèlerinage célèbre où l’on rend grâce à Méfasse le dieu des gens presque parfait vivant dans le passé antérieur. Le 12 luchmonkè (deuxième mois de l’hiver) le grand prêtre célèbre au Temple de Mèfasse de Pah-Rhy la Messe Mèfasse, bonne excuse pour une orgie villageoise sans pareille.
6 - Car pour être exact géographiquement, et s’il est vrai que le territoire est celui de la Cité du Glandoire, état éponyme de sa capitale, l’action se joue sur les terres dites « de Chyn », sur le canton de Pincemon-Saigneur, troisième district de Lance. Lance, une bien belle ville à visiter si elle n’était à 63% peuplée de gobelins.
7 - Pour la petite histoire l’une d’elles s’est complètement pétée le cou. Remarquez elle n’a pas souffert.
9 - Raklur l’Épais : Arrière-grand-père de Chyn, très puissant mais sexuellement impuissant. De lui naquit Doité, le père de Chyn, conçu in vitro à partir d’un doigt de Raklur, strange, non ?
10 - Il ne sera pas expliqué dans le détail le déclin de la Cité du Glandoire en tant qu’état totalitaire, ni sa métamorphose en havre de paix caractérisée par l’arrivée après guerre de massives communautés de jeunes de Coralie et de Baquechiche qui vinrent peupler ce qui avait été longtemps le symbole de la répression. Le mouvement du Pouvoir des Fleurs devint la première communauté écologico-anarchiste de l’Ancien monde dont Hybridus sera le premier Bourgmestre. Et j’ai dis que ça ne serait pas expliqué, n’insistez pas, ce serait beaucoup trop long.