Partager l'article ! Il était une fois le Klinche - De courageux gobelins - XIII: De courageux gobelins   ...
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Lucy...
Venez découvrir mes histoires, et imprégniez-vous de mon univers sombre et
torturé
Il ne fallut pas plus d’une dizaine de secondes au klinche pour avoir raison de la lourde porte, comme toutes les portes le sont, et dans un geste mal contrôlé se retrouva avec la poignée dans la main et la porte fut à terre. C’est quand même bien pratique d’avoir le Klinche avec soi pour dégager des trucs lourds, il sera d’ailleurs très efficace aussi pour vos déménagements, mais aussi grâce à son talent inné de l’animation, pour vos mariages, baptêmes, bar-mitsva, il saura vous enchanter de ses mélodies parfaites en toutes circonstances ; le Klinche un troll qu’il est bien pour jouer de la musique et porter des trucs lourds. Contacter le Klinche au 06650468XX(1), ou sur le www.leklincheanimation.am(2)
Ils étaient tous là, les mécréants : le géant tenait toujours Elée sur son épaule, le sorcier riait sardoniquement, le gobelin courbé tirait sa langue pustulée et Hybridus, impassible comme à son habitude se fumait un clope appuyé contre le mur.
Quelque part on pouvait légitimement se demander ce qu’ils foutaient là. Non pas que cela chagrina nos amis, au contraire mais avec tous les endroits sûrs que des mauvais pouvaient trouver c’était encore une fois narguant le gentil, devant son nez, que tu les retrouvais. Un méchant, c’est imprudent.
La porte passée nos trois héros furent bientôt rejoints par les gobelins ivres de leur propre déséquilibre, et par Frigomène, mystérieux, qui ne pipait mot. « Ouais, on se demande vraiment ce que je fous encore là ? » Tu verras bien, bordel.
En bons méchants qu’ils étaient ils avaient des mines patibulaires, mais presque. Le sorcier les regardait avec ses yeux, ce qui le rendait unique(3). La pièce était vaste, le sol semblait pencher à mesure qu’on s’y engouffrait, sûrement le tunnel se prolongeait-il en sous-sol, mais comment savoir exactement où ils étaient, et oui, comment savoir(4) ? Le sorcier qui sentait son heure arrivée à ce moment fatidique de l’histoire(5) leva le doigt vers le ciel ce qui provoqua chez Tioneb et Djef l’irrépréhensible réflexe de regarder le doigt…
« Relâchez-la ! » réclama le Klinche.
« Mmmhhmmmhh hmmmmmh » Elée était bâillonnée de nouveau mais sembla indiquer un mécontentement mêlé de joie de revoir son Alecs, ses yeux pétillaient et si elle avait eu les mains libres elle aurait probablement applaudit bêtement.
Devant l’assurance dont faisait montre le sorcier avec son doigt en l’air les trois autres, Hybridus venant d’écraser son mégot sous sa lourde botte, ouvrirent une porte, encore une, et s’engouffrèrent dans une autre pièce pour disparaître complètement, laissant comme seul vis-à-vis le Sorcier prêt à en découdre(6).
Il ne fallait pas perdre de temps et comme à son habitude le Klinche se précipita vers son adversaire, car tout adversaire désormais était devenu son adversaire, empli qu’il était de cette rage toute trollienne et bien à lui. En période d’agacement et de troubles propices à la perte de contrôle il n’était pas rare qu’une petite crête rouge pousse sur le crâne du klinche, une petite crête rouge qui lui permettait de troquer une bonne partie de ses capacités intellectuelles avec une fureur incontrôlée propice en temps de déprime à l’ingurgitation de nombreux litres d’alcool. Il voyait rouge et ses nasaux soufflaient un vent de colère, une petite ligne pourprette se profilait déjà sur le dessus de son crâne, qu’il avait au demeurant dégarni, et la soif le prit. Comme il n’y avait pas cocktail en cours il acheva sa précipitation vers le Sorcier. Le choc allait être terrible pauvre sorcier sardoniquement rigolard. Toutefois, ce fut non sans une surprise certaine que, sans broncher(7), le méchant méchant sorcier fit un léger mouvement de la main. Mu par une force invisible il envoya bouler le Klinche contre la paroi de la pièce. Ceci provoqua un éboulement partiel de la voute du plafond. Le Klinche qui s’était vu précipité la tête la première sans pouvoir rien y faire était bête assis sur ses grosses fesses de klinche et émit pour simple interrogation un « eugh » lourd de sens. Le rire sardonique du sorcier qui décidément ne savait faire que cela raisonna par échos contre les murs. Le rire était insupportable, grinçant, perçant, troublant, les gobelins semblaient paniqués non plus. C’est là que Troikatorzèr eut l’illumination, c’était LE moment, leur heure de gloire, surtout la sienne mais il ne pouvait décemment se séparer de sa troupe de loups-phoques. Tel un superbe paon vivant ses derniers moments il se leva du nouveau caillou qu’il avait trouvé pour reposer ses jambes et son oreille interne et pointa à son tour son propre doigt(8) vers le sorcier méchant méchant.
« Allez ! Passez cette porte, nous nous occupons de lui avec les Loups-Phoques ! » Ordonna Troikatorzèr, convainquant.
« Hein bon pourquoi ? » Interrogèrent en cœur Tioneb, Djef et Mardragolgabelegoldrogmare, visiblement en désaccord avec leur chef.
« C’est notre heure les Loups-Phoques nous avons enfin l’occasion de prouver que nous sommes bons à autre chose qu’à la fauche de bas étages et les petits coups de travers ; nous allons montrer à ce sorcier de quel bois on se chauffe ! »
« Et de quel bois on se chauffe au juste…? » Interrogea Djef qui ne bondissait plus.
Ni une ni deux le Klinche reprit ses esprits et parce qu’il avait compris le discours de Troikatorzèr il lui fit un signe de la main que seuls les marines d’élites connaissent, mélange de ok man j’ai compris tu te sacrifies pour nous et c’est beau, je m’en vais chercher la princesse dans la plus haute tour du château et jamais je n’oublierai ton courage oh mon frère d’arme et de gode blesse America(9)[9]. Le sorcier qui avait repéré le manège essaya d’attraper la queue du pompon mais Troikatorzèr avait plus d’un tour dans son sac et dans un enchaînement de paroles gobelines qui n’était pas si loin de « Tadèp ustulo cumè Dlac rèmcon trelèsé moro Idpur Ulan teton cuiram Ieux » un pfffit limite ridicule sortit du doigt du mage gobelin et alla percuter tranquillement le pourpre sorcier qui regardait la chose s’exécuter en souriant narquoisement. Le Klinche et les fées, suivis de Frigomène, se précipitèrent directement vers la porte du fond, laissant le monstre aux gobelins.
Le sorcier tenta de les en empêcher et s’interposa mais se pana lamentablement. Au premier mouvement ses jambes semblaient s’être liquéfiées et ondulaient mollement devant ses yeux, le cul vissé sur le sol. Les autres gobelins, courageusement, en profitèrent pour le rouer de coups de pieds, le Klinche disparut de l’autre côté de la porte qui n’était pas fermée et fut immédiatement rejoint par les fées et Frigomène l’Orphan, mystérieux, et silencieux !
1 - Les deux derniers numéros sont à réclamer à l’auteur, de peur que ce conte soit un succès planétaire il préfère tenir l’anonymat de son klinche au moins pour un temps.
5 - Vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais nous sommes à un moment fatidique de l’histoire.